Tabataba (1988)

Présentation du film : Tabataba — 1947 à travers un témoignage

Dans Tabataba (1988), le récit naît d’une histoire racontée à hauteur d’enfant, quand l’horreur de l’insurrection malgache et de la répression coloniale s’imprime durablement dans la mémoire. Le film revient sur le témoignage d’un médecin qui, en 1947, choisit l’engagement pour l’indépendance. Lorsque la répression française s’abat sur les villages, l’homme fuit avec sa famille, se cache dans la forêt, puis est finalement retrouvé : torturé, laissé pour mort, il ne doit sa survie qu’aux plantes médicinales—avant d’être retrouvé quelques semaines plus tard, devenu hémiplégique.

Ce que le film cherche à transmettre ne se limite pas à la reconstitution des massacres. L’autrice/le réalisateur explique avoir volontairement évité de montrer ces scènes : plus de 100 000 morts sont mentionnées, mais l’essentiel est ailleurs. Ce qui compte, c’est la manière dont la violence détruit les sociétés villageoises sur le plan physique et psychologique—la rupture des liens, la peur, le traumatisme, la mémoire qui persiste.

L’œuvre s’appuie aussi sur une dimension légendaire malgache : celle du vent qui traverse la forêt, chargé de pollen toxique, et qui ferait naître la folie dans les villages qu’il atteint. “Tabataba”, c’est la rumeur : un murmure collectif, une transmission orale, une façon de dire l’indicible et d’exprimer le dérèglement provoqué par la catastrophe.


À propos du film (fiche rapide)

  • Réalisation : Raymond Rajaonarivelo
  • Scénario : Raymond Rajaonarivelo
  • Image : Bruno Privat
  • Son : Jean-Pierre Houel
  • Montage : Suzanne Koch
  • Musique : Eddy Louis
  • Production : Minazara (Antananarivo, Madagascar) / Les Films du Volcan (Paris, France)
  • Acteurs : François Botozandry, Lucien Dakadisi, Philippe Nahoun, Soatody, Soavelo

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