Programme

Préambule

Notre vision

« La grande majorité des Malgaches — paysanne et ouvrière — sortie de la pauvreté en une génération. »

Ady Farany! est l’organisation qui anime le mouvement communiste malgache. Il n’est pas un parti politique : il est le cadre de formation, d’organisation et de coordination des forces populaires.

Quand les conditions seront réunies — quand les cercles d’études auront essaimé dans tout le pays, quand les cellules locales seront suffisamment fortes — Ady Farany! pourra se constituer en parti politique. En attendant, il construit les conditions de cette transformation.

Ce programme expose les piliers de cette construction : révolution économique, révolution populaire et services publics souverains — au service de cette unique vision.

Pilier 1

Révolution économique

Une économie au service du peuple malgache — la richesse nationale ne doit plus nourrir l’oligarchie et les multinationales. La souveraineté économique est la condition de toutes les autres souverainetés.

Réforme agraire

Distribution des terres aux paysans et paysannes sans terre. Application de la Loi 2014-020 sur le foncier agricole. Création de coopératives agricoles populaires, banque agricole publique et circuits courts de commercialisation. Souveraineté alimentaire : riz, maïs, manioc, élevage — fin de la dépendance aux importations.

Nationalisation des ressources stratégiques

Mines (nickel, cobalt, graphite, terres rares), hydrocarbures, énergie, eau, banques, assurances, transports, télécommunications — les ressources naturelles et les secteurs stratégiques appartiennent au peuple malgache. Monopole d’État sur l’extraction minière et le commerce extérieur des matières premières.

Révolution industrielle

Industrialisation par substitution aux importations : textile, transformation agroalimentaire, matériaux de construction, pharmacie. Création d’un Fonds National d’Innovation pour l’Industrie, partenariats universités-entreprises publiques. Électrification nationale à travers la JIRAMA rénovée et les énergies renouvelables. Objectif : faire passer la part de l’industrie dans le PIB de 15 % à 40 % en quinze ans.

Pilier 2

Révolution populaire

Le pouvoir ne se délègue pas — il s’exerce collectivement, du Fokonolona à l’Assemblée nationale populaire, par la dictature populaire démocratique adaptée à la réalité malgache.

COMMUNAUTÉ locale — la base du pouvoir

Le Fokonolona — la communauté de base réunie en assemblée délibérative — est la cellule fondamentale du pouvoir populaire. Chaque Fokonolona élit son conseil, discute les plans de développement local, gère les affaires communes et mandate ses représentants. Les décisions majeures sont soumises à référendum populaire local. Le Fokonolona n’est pas un simple relais administratif : c’est l’organe de base de la démocratie populaire, là où le pouvoir s’incarne concrètement dans la vie quotidienne.

Inspiré de la théorie de la dictature populaire démocratique de Mao Zedong (De la dictature démocratique populaire, 1949), adaptée à la réalité malgache : l’alliance des classes populaires — paysans, ouvriers, petite bourgeoisie, intellectuels patriotes — qui exerce le pouvoir à la base.

Assemblée nationale populaire

Fusion du Sénat et de l’Assemblée nationale en une chambre unique : l’Assemblée nationale populaire (ANP). L’exécutif (gouvernement, président) et le judiciaire sont subordonnés à l’ANP — les ministres et les hauts magistrats sont nommés par l’ANP et révocables par elle à tout moment. Mandats impératifs — les député-es sont révocables par leur base. Mandature de 5 ans, renouvellement par moitié tous les 30 mois. Les organisations de masse disposent du droit de proposition et d’initiative législative.

État populaire et économie planifiée

L’État populaire planifie l’économie tout en maintenant un marché contrôlé. Un secteur privé patriotique et sans capital politique est toléré — inspiré des réformes de Deng Xiaoping (1978), du Doi Môi vietnamien (1986) et de la réforme cubaine (2010) — mais l’État populaire garde la main sur les secteurs stratégiques et l’orientation générale de l’économie. Instauration d’une diplomatie indépendante et d’une armée populaire défensive au service de la nation.

Pilier 3

Services publics et souveraineté intégrale

La grande majorité des Malgaches ne sortira de la pauvreté que si l’État garantit l’éducation, la santé et les conditions d’une vie digne pour toutes et tous — sans marchandisation.

Éducation de masse

Enseignement primaire supérieur obligatoire et gratuit. Universités publiques gratuites et décentralisées dans chaque chef-lieu de région. Renforcement des CISCO pour l’administration de proximité. Création de LTP (Lycées Techniques Professionnels) dans chaque district. Campagnes nationales d’alphabétisation des adultes. Suppression des frais de scolarité et des examens payants. Création de bibliothèques publiques dans chaque district.

Santé universelle

CSB2 dans chaque Fokontany, CHD dans chaque district, CHRR dans chaque région, CHU dans chaque province — un réseau hiérarchisé gratuit pour toutes et tous. Médicaments essentiels gratuits et production pharmaceutique locale. Médecine préventive : campagnes de vaccination, éducation sanitaire, accès à l’eau potable et à l’assainissement. Création d’une Caisse Nationale de Sécurité Sociale Universelle (CNSSU) couvrant l’ensemble de la population.

Souveraineté technologique et économique

Madagascar ne se développera pas en vase clos. La souveraineté économique n’est pas l’autarcie — c’est la capacité de négocier d’égal à égal avec le monde. Ady Farany! préconise une ouverture stratégique aux transferts de technologie, aux partenariats industriels équitables et aux investissements étrangers souverainement encadrés par l’État. L’agro-industrie et les OGM — évalués scientifiquement — ne sont pas rejetés par principe : ils sont examinés souverainement selon l’intérêt du peuple malgache, la protection de l’environnement et la sécurité alimentaire. L’électrification nationale, l’industrie pharmaceutique locale, le réseau ferroviaire public et une banque publique d’investissement souveraine sont les piliers de cette ouverture souveraine — pour exporter des produits transformés, pas des matières premières.